| L'art sur Internet ... | Internet
, diffuseur et vecteur d'art
- Les sites institutionnels: l'art en ligne - Internet: l'art pour tous - Entrée des artistes |
La
Toile, mode d'expression spécifique
- De l'Art en ligne au Net Art - Un art dématérialisé - Une redéfinition nécessaire de l'oeuvre d'art |
Conclusion
Sources et Liens |
Une redéfinition nécessaire de l'oeuvre d'art
Les spécificités de l'art sur Internet
C'est en effet un autre espace artistique qu'ouvre Internet. La principale spécificité de cet espace artistique , c'est bien sûr l'interactivité.
Elle peut être partie intégrante de l'oeuvre et plus seulement un lien entre l'artiste et l'internaute. Avec l'oeuvre de Christa Sommerer et Laurent Mignonneau, le Verbarium, l'internaute énère une image 3D par le simple envoi d'un mail (participez à l'oeuvre, disponible sur le site de la fondation Cartier).
l'Interactivité entre les artistes, non moins influente sur la qualité et la diversité des oeuvres, est facilitée par des réseaux tels que l' "Afrique virtuelle".
L'effort mené par les institutions de formation
Les écoles d'art participent à ce mouvement de redéfinition de l'art et d'exploration des possibilités offertes par la Toile. Le programme d'histoire d'art au CAPES d'arts plastiques a pour intitulé "L'Art à l'âge électronique". La création sur logiciels 3D fait maintenant partie de la formation offerte par la très ancienne et trsè prestigieuse école des Beaux-Arts à Paris. Les institutions gouvernementales, même, sont sensibles au problème. Le ministère de l'éducation nationale a commandé à Jean-Claude Risset, directeur de recherche au CNR, un rapport de mission sur la convergence entre l'art, la science et la technologie.
L'utilisation des ressources d' Internet comme mode d'expresion artistique spécifique ne suppose pas seulement un repositionnement créatif de la part des artistes. Cet art dématérialisé est difficle à collectionner, difficile à acheter... difficile a rémunérer surtout. Comment, dans ce cas, ne pas dire qu'Internet a une influence sur la place même de l'art dans notre société.
Un art à sponsoriser ? La vision pessimiste
Avec Internet, la dématérialisation de l'art rend impossible le vente unique d'une oeuvre unique, ce qui pose de nombreux problèmes de droits d'auteurs ( I. 1. ). C'est aussi le problème que rencontrent les maisons de disques... A la différence que celles-ci peuvent facilement se tourner vers les recettes engendrées pas les recettes publicitaires des sites. Les auteurs de l'oeuvre musicale pourraient, à long termes, être rémunérés non plus sur les ventes en magasin mais sur les recettes publicitaires de sites de téléchargement. Il est peu préjudiciable à l'auteur d'un album de voir son CD entouré de banières publicitaires, l'important restant le contenu musical du C-D... Mais en art graphique, c'est la manière dont l'oeuvre est présentée et perçue au premier abord qui fait l'intérêt de l'oeuvre.
Le problème n'est pas seulement visuel (puisque le sponsoring peut être bien intégré et discret). Accepter que l'art graphique soit sponsorisé revient à accepter de faire correspondre une logique de liberté créative à celle de l'image d'une marque, d'une institution. Il est difficile de transposer la solution publicitaire dans le domaine de l'art. L'art ne peut être contraint à des logiques publicitaires s'il veut rester tel.
C'est donc la liberté et la qualité d'un art qui peuvent être menacés. On peut craindre que les sponsors ne choisissent de sponsoriser que des sites d'art grand public, d'art consensuel.
On pourrait comparer cette évolution avec celle qu'à connu le monde du sport. Les sportifs sont devenus les emblèmes de marques autant que de valeurs de dépassement et d'exploit. On peut imaginer que les artistes deviendront les support de l'image de leurs mécènes (cf. le site de la fondation Cartier, le site de la vodka Absolut) autant que des valeurs liées à l'art.
L'art libéré ? La vision optimiste
La vision pessimiste sous-entend qu'un art libre ne peut survivre que si les artistes trouvent des moyens de rémunération... moyens qui peuvent les asservir plutôt que les servir.
Mais si la Toile se place en concurrence du marché de l'art, elle ouvre aux artistes une chance unique de se faire connaître. Les plus créatifs, les plus provocateurs, les plus talentueux peuvent être repérés sur le Net et acquérir une notoriété. En créant son propre site, l'artiste est seul maître de son image. Dans "Les règles de l'art" (1992), Bourdieu plaide pour une Internationale des artistes attachée à défendre l'autonomie des univers de production culturelle (autrement dit la propriété des producteurs culturels sur leurs instruments de production et de circulation, donc de consécration). Bourdieu affirme que cette autonomie est menacée, les artistes ne contrôlant pas de façon satisfaisante leurs possibilités d'intervention dans le débat public. En effet, le champs journalistique, proche du monde l'argent, contrôlait les moyens de diffusion culturelle et imposait ses propres critères de sélection des "bons" artistes. nternet semble, dans cette optique, pouvoir constituer une solution pour l'autonomie du champs artistique.Prenons l'exemple d'un jeune designer découvert sur le net pour son talent et son audace: sur son site "ora-ito.com", il crée des objets en 3D qui réutilisent des esthétiques connues (Casio, Chanel, Thierry Mugler, le style de Starck...). Ce pied de nez aux grandes marques n'a pas manqué d'attirer leur attention et celle de la presse, du public.