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L'art sur Internet ... |
Internet
, diffuseur et vecteur d'art
- Les sites institutionnels: l'art en ligne - Internet: l'art pour tous - Entrée des artistes |
La Toile,
mode d'expression spécifique
- De l'Art en ligne au Net Art - Un art dématérialisé - Les défis à relever |
Conclusion
Sources et Liens |
De l'art en ligne au Net Art
On choisit donc ici de délaisser la vision d'Internet comme diffuseur artistique pour privilégier une vision du Net comme moyen d'expression artistique en soi.
Les contraintes Un nouvel artisanat ? Les contraintes
Le grand oeuvre sans auteur dont rêvent certains ne semble pas très vraisemblable. Abandonnons cette vision utopique du réseau Internet comme « méta-oeuvre ». Laissons de même de côté la collectivisation de la création telle qu'illustrée par les oeuvres interactives. Le phénomène est encore trop marginal et anecdotique.
Il semble alors que l'on se retrouve face à un médium assez rigide et froid, très limité techniquement. En effet, l'artiste Internet a pour contrainte majeure celle de la lourdeur informatique des oeuvres qu'il propose. A moins qu'il ne fasse le choix délibéré de ne s'adresser qu'à un public privilégié, sur-équippé, il doit limiter au maximum la complexité de son travail.Voilà posée la question cruciale de la contrainte. La valeur d'une oeuvre, le talent d'un artiste, peuvent être entre autres définis
par la capacité de celui-ci à jouer avec les contraintes de son mode d'expression, contraintes qui peuvent être pratiques (les
deux dimensions de la toile, les lois harmoniques...) ou plus intellectuelles, sociales, philosophiques, etc... Or Internet est pour
l'instant surtout marqué par des contrtaintes techniques invisibles, celles du codage, de l'efficacité de la connexion, et par des limites arbitraires (notament d'interface) dont on a du mal à envisager avec excitation les solutions de dépassement qui
pourraient leur être apportées. On voit donc que cette chasse au dahut que l'on a entreprise, la recherche d'un art proprement
internaute, a tendance à buter contre la réalité d'un média. L'art à domicile n'est pas pour tout de suite, d'autant plus que sans
être fétichiste, l'action de se déplacer a une importance. Que se soit pour vistiter une exposition, ou même pour se procurer en
librairie des reprographies, le public va vers l'oeuvre, ce qui n'a pas d'équivalent symbolique dans les cliquetis plus ou moins
aléatoires qui mènent à une oeuvre en ligne. Mais il est possible que le public tendra à intérioriser l'espace virtuel dans l'avenir,
ce qui lui permettra d'acquérir la compétence et le sens critique essentiels à la perception du beau.On doit néamoins modérer un propos qu'on ne veut pas trop catégorique: Toute chose porte en elle sa contradiction et on peut trouver en ligne des oeuvres qui paraissent spécifiques au média. S'il est encore difficile de trouver en ligne des travaux de la qualité de stamen, il y a selon de nombreux observateurs un mouvement qui tend vers le développement de cette avant-garde. On a avec stamen le cas d'une oeuvre vraiment interactive, où la relative incompétence du public à explorer le site importe peu. Les liens ne sont pas logiques, mais oniriques; les temps de chargement, assez courts, sont calibrés de telle sorte qu'on ait toujours quelque chose à observer... C'est un art de graphiste diariste, mélancolique, et très centré sur son média. Il semble donc déjà possible de s'émouvoir devant l'écran de son PC.
Un nouvel artisanat ?
Si, malgré de remarquables exceptions, on peut entretenir de fortes préventions à utiliser un terme aussi englobant que celui de Net Art, il y a en revanche un champ de plus en plus riche de ce qu'on pourrait qualifier d'artisanat internaute. Soulignons que la frontière est souvent ténue entre les deux notions (Bach
se disait artisan). Ce qu'on entend par là, c'est que la conception de sites "fonctionnels", qui n'a (pour l'instant) aucune
prétention artistique, peut-être un lieu d'innovation des plus fertiles en matière de création interactive. Certes, on peut
considérer qu'on est ici plutôt dans le domaine d'une typographie dynamique, mais ce champ de création a évidemment son
unicité par rapport à toutes les autres formes qui l'ont précédé. On note que les sites sur l'art, ou les sites d'artistes, sont
souvent les plus esthétiques. Le site de la Fondation Cartier est toujours intéressant, presqu'autant dans sa construction que par
son contenu.Certaines home pages individuelles peuvent aussi agréablement surprendre, telle celle de cet américain dont le site était
presque totalement abstrait, mélange de journal intime et de recherche esthétique jouant sur l'absurde. Le site est
malheureusement en stase, son créateur « réfléchit à ce qu'il va faire ».Il nous fait patienter avec une collection de liens intéressants, tous plus ou moins liés à l'art du Net (sauf un site marchand étrange). C'est là une occasion de voir un échantillon assez représentatif en la matière, et de démontrer que l'on est souvent tributaire en ligne des goûts des autres...
Une compagnie propose ses services pour livrer et installer des oeuvres (physiques) chez les particuliers. Internet comme
promoteur du marché de l'art. [lien disparu]On a un exemple d'art dérisoire, si le mot s'applique : une petite annonce maritale asssez inatendue... Truckzilla eats an airplane.
Cette tendance sympathique au trivial est sans doute majoritaire dans la création en ligne.Protocol Prone, un site-mémoire américain très enthousiaste tente de définir l'Art Net. Son propos n'est pas antithétique avec le notre, dans la mesure où l'auteur met l'accent non tant sur les particularités des oeuvres du Net Art, mais plutôt sur les possibilités offertes pour la communication et la collaboration entre artistes et la diffusion de leurs travaux.
On est, en un mot, dans une perspective très proche du fameux aphorisme de Marshall MacLuhan. Internet est encore principalement un vecteur, et non un corps de techniques, mais cela ne signifie pas qu'il n'ait pas un rôle crucial à jouer pour certains artistes qui n'auraient pu s'exprimer sans lui, ou qui l'auraient fait d'une autre manière.